
Du 12 au 26 octobre 2oo7
Le Mendiant ou la Mort de Zand
CRÉATION
Nous avons trouvé une solution :
montrer la pièce, mais pour ainsi dire barrée.
L’auteur se mettra à l’avant-scène pour intervenir
chaque fois qu’il a fait une notation dans la marge.
D’une façon quelque peu pirandellienne, Le Mendiant ou la mort de Zand met en scène... un metteur en scène montant une pièce dont le personnage central, un écrivain, tente en vain d’écrire une pièce où il se projette sous différentes identités... C’est en plein stalinisme que Iouri Olecha composa cette oeuvre laissée inachevée. Mais plus que d’un auteur soviétique, c’est d’un écrivain russe qu’il s’agit, héritier de la poésie et du ludisme d’un Pouchkine ou d’un Gogol. Dans la « pièce dans la pièce » de l’écrivain Zand, dont nous voyons de larges fragments raturés et remodelés sous nos yeux, le poète se projette à la fois en un inquiétant commissaire politique trompé par sa femme et en un mendiant « anti-social » prêt au meurtre – tandis que court avec insistance la question de savoir pourquoi l’homme nouveau produit par la révolution se laisse encore affecter par cette vieillerie qu’est l’amour... Comme tout grand théâtre, dit Bernard Sobel, la pièce d’Olecha est une jubilante machine à penser nos déchirures.
PRÉSENTATION DU SPECTACLE (VIDÉO)
Bernard Sobel présente Le Mendiant ou la mort de Zand (Vidéo)
Théâtre National de la Colline
Le texte français de la pièce, suivi du Voyage de Benjamin III en terre sainte de Mendel Moïker-Sforim, adaptation de N. Cheïko, traduit du russe par Fabienne Assiani, est publié aux éditions l’Âge d’Homme, Lausanne, 1990.