Quarante ans après la fin de la Terreur, le jeune médecin qu’est Büchner ausculte les nerfs, le cerveau et le corps épuisé des enfants de la Révolution. Avec une étonnante modernité, il prend pour sujet non le grand théâtre de l’Histoire, mais, dans ses coulisses, la crise d’identité que traversent ses protagonistes. Ce questionnement fiévreux et charnel a enthousiasmé Jean-François Sivadier. Comme dans son spectacle précédent, marqué par une vitalité euphorique – La Vie de Galilée qui sera repris au TNS pour une représentation exceptionnelle – il fait le pari d’un partage théâtral de chaque instant entre scène et salle. Mettre les spectateurs de plain-pied avec le ludisme inventif de l’acteur est en effet son credo – non pour s’enfermer dans le divertissement (encore que cette façon de faire procure un grand plaisir !), mais parce que le théâtre est pour lui un voyage entrepris ensemble à travers les vertiges d’une écriture.
Le texte est publié par les Éditions Théâtrales, avril 2oo5